Depuis les débuts de l'histoire, la civilisation humaine s'épanouit sur le continent européen. Certains attribuent cela à la fertilité de ses terres, d'autres aux fondements coloniaux des États, ou peut-être aux deux. Quoi qu'il en soit, la politique mondiale a été dictée par les conflits entre les différentes puissances européennes. Après la Première Guerre mondiale, les innovations, les populations et les capitaux ont migré vers l'ouest, vers les États-Unis d'Amérique. Aujourd'hui, l'Europe n'est plus déchirée par les conflits ; elle s'unit grâce à des désaccords encadrés par des procédures démocratiques. L'Europe n'est plus la puissance dominante qu'elle a été, mais elle offre indéniablement une meilleure stabilité à ses États membres.

Le Vieux Continent place 14 pays parmi les 20 premiers au niveau mondial selon l'indice de qualité de vie, qui prend en compte des critères tels que le pouvoir d'achat, la sécurité, les soins de santé, la pollution et le climat. La France est la destination touristique préférée au monde. Pourtant, face aux déséquilibres internationaux, à l'incertitude et aux conflits armés, je m'interroge sur la sécurité de l'UE et, plus encore, sur le manque d'intérêt des jeunes pour ces questions. Il semblerait que notre confort nous ait rendus vulnérables. L'UE accuse un retard en matière d'innovations liées à l'intelligence artificielle (la Chine et les États-Unis étant en tête), et le débat social croissant sur l'intégration des immigrés freine, voire provoque, la chute des gouvernements. Aucun État membre de l'UE ne figure parmi les 10 pays affichant le taux de croissance démographique le plus élevé au monde.

Face à tous ces problèmes régionaux et à l'insécurité engendrée par la guerre russo-ukrainienne, je constate avec une inquiétude croissante un changement de comportement chez les jeunes, qui seront très probablement la génération qui subira les conséquences de ces troubles. Certes, il est positif de souligner l'important engagement des jeunes dans le conflit de la bande de Gaza, mais est-ce suffisant ?

Mon point de vue est pessimiste : les conditions de vie au sein de l’UE créent un espace de sécurité où l’on ferme les yeux sur les problèmes régionaux et mondiaux. La jeunesse désengagée pourrait passer à l’acte de manière radicale lorsqu’il sera trop tard. On parle d’extrémisme croissant, que l’on observe également aux États-Unis. À ce jour, cette vague idéologique a déjà influencé certaines sociétés européennes. Cela pourrait, à certains égards, alimenter les conflits et mener à la guerre, si toutefois elle ne ruine pas auparavant toutes les ressources de l’Europe. Enfin, ma dernière question, à laquelle je répondrai dans un prochain article : une Europe prête au combat peut-elle rester fidèle aux valeurs démocratiques ?

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