- Le baccalauréat en Roumanie : structure et « mythe » de la matière III
En Roumanie, l'examen de langue roumaine est structuré de manière à évaluer à la fois la compréhension du texte et la capacité à synthétiser la littérature canonique.
- Structure 2026 : L'examen reste divisé en trois matières principales : la première vise à comprendre un texte lu à vue et à défendre un point de vue ; la deuxième implique l'analyse d'un court texte littéraire (généralement dramatique ou poétique) ; et la troisième est une dissertation structurée sur une œuvre étudiée.
- Exigence en matière d'argumentation : La matière IB exige que l'élève rédige un texte argumentatif d'au moins 150 mots sur un thème donné (par exemple, l'importance de la lecture, le rôle du mentorat), en évaluant la logique et la cohérence.
- L’essai canonique : le sujet III reste le plus grand défi, exigeant l’analyse des particularités d’une œuvre écrite par un auteur canonique (Eminescu, Creangă, Blaga, etc.), sur la base d’une structure rigide d’au moins 400 mots .
- Modèles européens : à quoi ressemble la « langue maternelle » dans d’autres États
Dans d'autres systèmes éducatifs, l'examen de langue maternelle est souvent un test de pensée critique appliquée, et pas seulement de littérature.
- En France (baccalauréat) , l'examen se passe en avant-dernière année de lycée (classe de première) et comprend une épreuve écrite (commentaire de texte ou dissertation) et une épreuve orale. En terminale, la matière phare est la philosophie, considérée comme l'épreuve suprême de la maturité intellectuelle.
- Allemagne (abitur) : Les étudiants passent de longs examens écrits (jusqu’à 5 heures) en langue allemande. L’accent est mis sur l’interprétation de textes non fictionnels (articles de presse, discours politiques) et sur les erreurs de communication, en analysant comment le langage influence la société.
- Italie (maturità) : La « Prima Prova » est l'épreuve de langue italienne , identique pour tous les lycées. Les élèves choisissent parmi sept épreuves, qui comprennent l'analyse d'un texte littéraire, une dissertation argumentative sur des thèmes historiques ou sociaux, et une épreuve de type « thème critique » portant sur les problèmes du monde contemporain.
Mémorisation versus argumentation libre
La principale différence réside dans la liberté de choix. Alors qu'un étudiant roumain doit connaître en détail une liste fixe d'environ 17 auteurs canoniques pour réussir l'épreuve III, un étudiant en France ou en Italie est plutôt évalué sur sa capacité à construire son propre raisonnement face à un texte inconnu ou à un thème philosophique.
Le système roumain tend à protéger le patrimoine culturel national par l'étude obligatoire des classiques, tandis que les systèmes occidentaux privilégient les compétences en communication et l'esprit critique nécessaires sur le marché du travail et dans la vie civique. Les deux approches présentent des avantages, mais la pression exercée sur l'étudiant roumain pour qu'il « devine » l'auteur correct de l'épreuve III demeure une caractéristique unique et controversée du système roumain.
Article rédigé par Mihai Marcel Ghinea.
