L'Italie est reconnue comme le pays au patrimoine culturel le plus riche au monde. Selon l'UNESCO , elle compte le plus grand nombre de sites inscrits au patrimoine mondial, un record qui témoigne de la multitude de sites archéologiques, de villes historiques, de monuments et de paysages culturels présents sur son territoire. Cependant, cette richesse ne se traduit pas toujours par un afflux touristique, et de nombreux monuments italiens, notamment en dehors des grandes villes comme Rome ou Milan , restent accessibles uniquement à certaines occasions , voire totalement inaccessibles aux visiteurs. C'est dans ce contexte qu'est né, en Sardaigne, en 1997, le projet « Monuments Ouverts », visant à changer la donne. Plus précisément, ce projet a vu le jour à Cagliari grâce à l'association culturelle Imago Mundi, avec pour objectif d'ouvrir temporairement des monuments fermés au public et de les « rendre » symboliquement à celui-ci. L'idée repose sur un principe simple : rendre le patrimoine accessible grâce à l'implication directe des élèves et étudiants. Durant l'événement, ces derniers, accompagnés de bénévoles, font office de guides et racontent l'histoire des lieux aux visiteurs, après une formation dispensée dans les écoles primaires, les collèges, les lycées et les universités.
Comme indiqué sur le site officiel de l'initiative et sur le site de la région Sardaigne , le développement d'Open Monuments a impliqué de nombreuses municipalités et des bénévoles, ce qui a permis d'ouvrir chaque année des centaines de sites habituellement fermés au public.
Au-delà de son importance historique, ce projet présente également une remarquable valeur pédagogique. Les enfants et les jeunes ont ainsi accès à des pans d'histoire généralement absents des programmes scolaires, notamment en ce qui concerne l'histoire locale. Il s'agit donc d'une expérience éducative et culturelle précieuse pour les jeunes, qui négligent souvent l'histoire de leur propre région. Le succès de cette initiative témoigne clairement de la forte demande d'accès au patrimoine culturel, mais met également en lumière un problème structurel du tourisme italien. Comme le révèlent les données recueillies par l'ISTAT et le ministère de la Culture, les flux touristiques se concentrent dans les grandes villes telles que Florence, Rome et Venise, tandis que d'autres sites d'une valeur historique inestimable restent souvent méconnus. Ce déséquilibre entre grandes et petites villes accentue le surtourisme dans les premières et la sous-exploitation des seconds.
La Sardaigne (berceau du projet), malgré un patrimoine archéologique parmi les plus riches de la Méditerranée, comprenant des nuraghi, des sites phéniciens et romains, voit son tourisme rester essentiellement maritime. Selon la Région Sardaigne et Sardegna Turismo, le tourisme se concentre sur les côtes en été, marginalisant ainsi l'intérieur des terres.
Cette initiative démontre qu'il existe un intérêt réel pour ces sites, mais aussi que cet intérêt reste inexprimé pendant une grande partie de l'année, lorsque les monuments redeviennent inaccessibles faute de ressources et de gestion continue.
