Dans une déclaration commune, les chercheurs ont souligné que les efforts actuels sont loin d'être suffisants. « En raison de réductions d'émissions insuffisantes, même les scénarios les plus ambitieux entraîneront temporairement une hausse des températures supérieure à 1,5 °C », ont-ils averti. Ils ont également mis en lumière les conséquences concrètes de tout retard dans la réduction des émissions :

« Tous les cinq ans, sans réduction significative des émissions de CO₂, les températures mondiales augmentent d'environ 0,1 °C et il faut environ 200 GtCO₂ (gigatonnes de dioxyde de carbone) d'émissions négatives pour revenir à 1,5 °C. »

Les scientifiques ont souligné que même une légère augmentation du réchauffement climatique accroît les risques pour les écosystèmes, la santé publique et les perspectives de développement, en particulier dans les pays en développement. Ils ont rappelé au public que les impacts du changement climatique « sont déjà généralisés et continueront de s'intensifier », insistant sur l'urgence de mesures d'adaptation et la nécessité de mobiliser des ressources financières supplémentaires.

Plan 2035 : Réductions rapides et transition vers les énergies renouvelables

Les experts du Consortium de modélisation et d'évaluation intégrée (IAMC) ont défini des objectifs précis pour 2035. Ils proposent de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2024 et de multiplier par cinq ou six la part de l'énergie solaire et éolienne. Parallèlement, ils recommandent de réduire d'un quart la production et la consommation de combustibles fossiles par rapport aux niveaux intermédiaires de 2024.

Les scientifiques ont également souligné que les pays doivent revoir à la hausse leurs objectifs climatiques nationaux.

« Chaque pays devra rehausser ses objectifs de contribution déterminée au niveau national (CDN) et de réduction des émissions au niveau le plus ambitieux possible, en tenant compte des priorités nationales, notamment en matière de développement, et des capacités disponibles », ont-ils déclaré. Ils ont souligné que les données relatives aux besoins d'investissement pourraient contribuer à mobiliser les financements nécessaires à une transition réussie.

D’après les experts, toute action urgente doit être guidée par l’équité, les priorités sociales et les considérations politiques. Ils ont rappelé au monde que nous nous trouvons à un tournant décisif : les conséquences du réchauffement climatique sont déjà tangibles et s’aggravent, et la marge de manœuvre se réduit comme peau de chagrin. Pourtant, comme ils l’ont souligné, cette opportunité demeure.

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